L’aéroponie, une culture technique au service de la ville de demain

aéroponie en ville

Apparue un peu avant les années 50, l’aéroponie est désormais bien connue de ceux qui œuvrent pour une culture plus responsable et innovante. L’aéroponie, c’est une culture hydroponique qui se caractérise par l’absence de substrat. Les racines des végétaux, apparentes, apparaissent hors sol et sont vaporisées continuellement de solution nutritive favorisant leur croissance. Culture économique et écologique, l’aéroponie se démocratise en ville, là où les espaces et la végétation se font rares.

L’aéroponie, comment ça marche ?

Dans une culture en aéroponie, les végétaux sont placés sur un plateau (le tray de récupération), dans une chambre de culture remplie d’air (couvercle top aéro). Les racines en évidence dans la chambre de culture sont immergées dans une nébulisation de solution nutritive à base de sels minéraux, laquelle est propagée à intervalles réguliers par des sprays fixes ou rotatifs et via l’action d’une pompe à eau fonctionnant en circuit fermé. La solution nutritive une fois vaporisée est recyclée dans le circuit puis réinjectée, avant d’être changée tous les 7 à 10 jours (généralement) : économe et écologique !

Très peu encombrante, la culture en aéroponie a l’avantage de proposer un rendement nettement supérieur à la moyenne. Plusieurs raisons à cela :

  • Sans sol, il n’existe pas d’obstacle à la propagation de la masse racinaire. La disponibilité à l’eau et à l’air est totale, leur développement est donc optimisé : elles assimilent plus vite et plus facilement les nutriments pulvérisés à travers leurs pores.
  • Le milieu de croissance est stérile ; cela conduit à des plantes plus résistantes aux maladies.

En aéroponie, les paramètres du milieu nutritif sont optimisés à presque 100 %, souvent calibrés et centralisés grâce à l’informatique. Si ce mode de culture nécessite des contrôles extrêmement fréquents en termes de pH, d’EC et surtout de température du milieu, il revêt donc nombre d’avantages qu’il serait dommage de ne pas considérer.

Pourquoi l’aéroponie tend-elle à devenir le mode de culture interurbaine par excellence ?

L’aéroponie est actuellement le système hydroponique (hors sol) qui dispose du meilleur rendement (pouvant atteindre 40 à 60 % de plus qu’une culture traditionnelle). En ferme horizontale ou verticale, une culture en aéroponie ne nécessite souvent que quelques m², ce pourquoi elle tend à se développer en milieu urbain où la problématique d’espace est centrale (toits, parkings…). Il n’existe ici aucune dépendance à l’environnement extérieur et/ou à la météo !

L’autre avantage de l’aéroponie, c’est qu’elle nécessite très peu d’eau et d’énergie et une quasi absence de fertilisants, une aubaine à l’heure où la préservation de nos ressources naturelles fait partie prenante des considérations citoyennes et gouvernementales. On estime généralement cette économie à près de 80 % !

Ce mode de culture est donc considéré par beaucoup comme une réelle innovation écologique : économies d’eau, pas de contamination du sol, absence de pesticides et faible utilisation d’engrais…

Problématiques et obstacles liés à la culture en aéroponie

La culture en aéroponie soulève bien sûr quelques obstacles et certaines problématiques très concrètes pour qui s’y attèle. Différence de pression des brumisateurs en racine pouvant être dommageables, colmatage fréquent des buses… Pour cette dernière, la solution pourrait être d’élargir l’ouverture des buses en travaillant avec un système de pompe à basse pression, par exemple. Mais à jet plus net, productivité plus faible… Du fait de sa technicité, la culture en aéroponie induit naturellement ce genre de problématiques.

D’autres sont relatives à son expansion à grande échelle. La courbe d’apprentissage est assez lente, et les cultures hors sol ne sont pas – à l’heure actuelle – éligibles à une certification biologique, donc peu plébiscitées des cultivateurs à l’heure actuelle.

D’autres s’interrogent sur la dépendance de cette culture à l’électricité, sur les qualités nutritionnelles et gustatives des produits cultivés ou encore sur la pollution du milieu de culture, l’air intérieur étant jusqu’à 2 fois plus pollué qu’en extérieur, notamment en ville…

Reste que l’aéroponie représente aujourd’hui l’une des cultures les mieux optimisées et qu’elle répond à une très grande majorité des problématiques environnementales rencontrées par la ville d’aujourd’hui. Aussi, si vous souhaitez à votre échelle vous essayer à l’aéroponie et viser la culture de vos produits favoris à domicile, c’est possible ! De nombreux kits accompagnés de guides informatifs vous sont accessibles en ligne.