Les fermes urbaines pédagogiques : éduquer et sensibiliser

ferme urbaine

A l’heure où l’agriculture urbaine prend de plus en plus de place dans le panorama des villes, on voit se développer des fermes urbaines pédagogiques. Implantées en pleines villes ou bien en périphérie, elles sont toutes animées par le même objectif, celui de l’éducation à la culture et à la biodiversité. A travers ces fermes, l’idée est d’apprendre non pas seulement à appréhender le milieu agricole mais bel et bien l’environnement au sens large. Les étapes d’information et de sensibilisation sont essentielles à l’émergence de comportements plus durables. Petits et grands sont donc invités à prendre part à ces expériences, un peu partout en France.

Une ferme pédagogique urbaine, qu’est-ce que c’est ?

C’est en 1992 qu’une commission interministérielle a défini pour la première fois la notion de ferme pédagogique. Cette définition a été confirmée en avril 2001.

Il s’agit d’une structure qui présente des animaux d’élevage et/ou des cultures. Cette structure doit accueillir régulièrement des enfants, des jeunes ou encore des adultes dans le cadre de son activité. Il existe un grand nombre de fermes urbaines, lesquelles sont basées sur des cultures et des catégories d’élevage différentes :

  • La ferme pédagogique d’animation. Ce type de ferme n’accueille pas ou peu de terres cultivées faute de place, notamment. Il s’agit du type de ferme pédagogique que l’on tend désormais à retrouver en zone urbaine ou périurbaine, à l’instar de la Recyclerie, une ferme urbaine implantée dans une ancienne gare de la petite ceinture parisienne.
  • La ferme pédagogique de culture. Celle-ci s’apparente davantage à la ferme au sens traditionnel, exception près qu’elle a également pour but d’éduquer et de sensibiliser le public à l’environnement et à la biodiversité. C’est une ferme ouverte.
  • La ferme pédagogique mixte, alliant les deux.

Associations, particuliers passionnés… Souvent, ces fermes fonctionnent grâce aux dons (projets postés sur des plateformes de financement participatif par exemple) et/ou aux aides des communes et à la vente des produits.

S’il n’existe pas d’agrément national propre aux fermes pédagogiques, il existe parfois des réseaux régionaux ou départementaux.

Ferme urbaine pédagogique : ce que l’on y propose

Bien entendu, les fermes urbaines pédagogiques proposent toutes des activités et animations différentes. Ce qui reste commun, c’est la présence de supports d’information à destination des publics : papier, photo ou encore vidéo. Il s’agit avant tout d’éduquer et d’informer. A ces supports d’information s’ajoutent fréquemment des ateliers thématiques pour petits et grands : fabrication de nourriture, apprentissage des bienfaits des plantes, atelier de soin et d’alimentation des animaux… Des circuits pédagogiques d’une demi-journée ou d’une journée peuvent également être organisés pour les groupes.

Si ces lieux de vie ont avant tout pour but d’éduquer, il s’agit également de vivre de ces produits locaux et d’en faire partager la communauté. Il est donc fréquent de pouvoir également accéder à un marché local de produits frais provenant des cultures et de l’élevage.

Quels sont les atouts de la ferme pédagogique ?

Une ferme en ville, voilà qui n’est pas commun. Pourtant, c’est particulièrement opportun, surtout dans un contexte d’incitation au développement des circuits courts. Eduquer, initier à la consommation responsable…. Ce sont autant d’objectifs de la ferme pédagogique.

Lieux d’expérience et de transmission, les fermes pédagogiques transmettent à la fois l’héritage de la culture d’antan et l’information sur les actuelles. Culture en couche chaude, hydroponie, permaculture… Les lieux de culture côtoient des élevages responsables ainsi que des espaces de vente des produits cultivés.

Mais pourquoi cet engouement soudain pour ces lieux ? Les fermes urbaines proposent plusieurs avantages :

  • Sensibiliser et éduquer les citadins à des pratiques qu’ils ne connaissent que peu voire pas du tout.
  • Rapprocher l’Homme de la nature, lui faire connaître de nouvelles espèces… développer sa culture sur la biodiversité.
  • Favoriser le développement des circuits courts. Comprendre d’où vient sa nourriture, comment elle est produite et par qui est primordial dans le cadre du développement des villes du futur.
  • Sensibiliser au respect du bien-être animal,
  • Restaurer le sol sur des terres souvent inexploitées depuis longtemps. L’implantation d’une ferme urbaine se fait parfois sur orientation de la Mairie qui attribue ou non une parcelle à exploiter.
  • Participer à la création et à la stabilisation de corridors écologiques en implantant davantage de biodiversité au cœur des espaces urbains.
  • Développer la cohésion communautaire, entre bénévoles, familles participant au projet ou encore donateurs via des sites de crowdfunding. La ferme pédagogique urbaine est sans aucun doute vectrice de cohésion et d’insertion sociale.

Quelques exemples de fermes pédagogiques urbaines

Agriculture urbaine raisonnée à Paris

Si les toits de la capitale se verdissent progressivement et laissent place à des potagers, des ruches ou des poulaillers, des projets de fermes urbaines de plus grande ampleur sont également présents sur le territoire, pour le plus grand plaisir des citadins.

La Recyclerie, qui accueille une ferme urbaine, se veut un refuge de biodiversité aux portes de Paris. Elle accueille un potager de 150 m² alliant permaculture, buttes en lasagne/sandwich, une toiture végétalisée, une forêt “comestible”, des poulaillers, des ruches… L’ensemble est démontable ! L’objectif de ce lieu est de démontrer que la production raisonnée en milieu urbain est possible et pérenne. Les consommations d’énergie sont optimisées au maximum au sein de la ferme.

Fermes urbaines pédagogiques à Nantes : Silence, ça pousse !

Autour de Nantes, les projets de fermes urbaines foisonnent également ces dernières années. L’objectif de la métropole est de réaménager des espaces délaissés en introduisant l’agriculture. Produire intra-muros est effectivement l’un des enjeux de la smart city, dans un but de préservation de l’environnement et d’amélioration de la résilience urbaine. Voici quelques projets en cours sur la métropole, quartier Doulon :

  • La ferme de la Louëtrie sur 0,45 ha (mise en culture printemps 2021),
  • La ferme de Saint-Médard sur 1,45 ha (MEC 2022).

Sur l’île de Nantes également, la ferme urbaine des 5Ponts fait parler d’elle. Installée directement sur le toit, elle exploite deux serres sur plus de 750 m². La spécificité de cette ferme est qu’elle est conçue spécifiquement pour les citadins (particuliers et restaurateurs). Ceux-ci pourront y cultiver leurs propres fruits et légumes. Reconnu pour son caractère innovant à l’échelle européenne, le projet des 5Ponts englobe non seulement une ferme urbaine mais également une plate-forme de bureaux, un marché solidaire ou encore des logements… Le but : lutter contre l’exclusion sociale et favoriser le bien-être et le mieux-vivre en ville.

Vocation commerciale, sociale, environnementale… les fermes pédagogiques urbaines font partie intégrante des villes du futur, celles où l’Homme apprend à se rapprocher de la nature.