Transports écologiques : Que prévoit la Norme Euro 7 pour les véhicules neufs ?

Afin de réduire les émissions de polluants générées par le transport, l’Union Européenne impose un cadre toujours plus contraignant aux constructeurs. C’est le cas en particulier avec la norme européenne d’émission (souvent abrégée norme Euro), qui fixe les limites maximales de rejet de certains polluants acceptés pour les véhicules neufs. En ce qui concerne les véhicules particuliers, une nouvelle norme est attendue pour la fin de l’année 2021. Il s’agit de la norme Euro 7, que certains prédisent déjà comme l’ultime norme de dépollution de l’automobile, signant peut-être la fin des moteurs thermiques.

Les normes Euro et la poursuite d’une industrie automobile plus propre

Depuis le lancement de la toute première norme Euro 1 à destination des véhicules particuliers en 1992, les évolutions se sont succédées pour venir toujours encadrer de manière plus ferme la pollution et la consommation des véhicules en circulation. C’est une réalité, les normes Euro sont devenues de plus en plus sévères au cours du temps, avec des plafonds de polluants maximum autorisé pour qu’un véhicule puisse être homologué.

Les normes ne sont pas unifiées et varient selon le type de motorisation – essence ou diesel – ou encore le type de véhicule. Les règles qui s’appliquent aux voitures et aux véhicules utilitaires légers ne sont pas les mêmes que pour les poids-lourds, les bus et les cars ou encore les deux roues.

En ce qui concerne les voitures particulières, quatre polluants sont mesurés et doivent respecter des seuils précis.

  • Les oxydes d’azote (NOx),
  • Les particules en masse et en nombres (PM-PN),
  • Les hydrocarbures imbrûlés (HC),
  • Le monoxyde de carbone (CO).

Comment est vérifié le respect des seuils d’émissions polluantes par les constructeurs ? Grâce à un contrôle en conditions réelles. Sur la voie publique, ce dispositif baptisé RDE (Real Driving Emission) permet de vérifier que les émissions de polluants sont contenues dans les limites exigées et conformes aux valeurs observées lors d’un essai sur un banc à rouleaux.

Les évolutions successives de la norme Euro ont poussé à l’adoption de technologies qui limitent la pollution. On peut citer notamment la généralisation des pots catalytiques, l’apparition des filtres à particules ou encore plus récemment des systèmes de post-traitement des oxydes d’azote.

La norme de dépollution Euro 7, plus ambitieuse que jamais

Il se murmure que la nouvelle norme de dépollution attendue pour le second semestre de l’année 2021 pourrait bien être la dernière. En effet, si les contours sont encore en train d’être décidés et que sa présentation dans une version de travail est imminente, elle entrera en vigueur en 2025. Les constructeurs seront alors contraints vraisemblablement de ne proposer que des véhicules à très faibles émissions, électriques ou hybrides.

On ne connaît pas le détail de cette future norme, mais elle pourrait s’avérer très contraignante en ce qui concerne les motorisations thermiques.

L’Europe souhaite un suivi des rejets de chaque véhicule sur tout son cycle de vie : de la production jusqu’à la fin de vie et en particulier lors de la mise en circulation. On pourrait alors avoir une obligation d’intégrer dans chaque véhicule un système de diagnostic.

Les véhicules hybrides sont particulièrement dans le viseur des autorités. Avec des performances en matière de rejet de polluants très impressionnantes lors des essais en laboratoire, la réalité est plus contrastée sur la route. C’est le cas en particulier des véhicules hybrides rechargeables, dont la consommation réduite et la faible émission de polluants est directement liée à une recharge fréquente. L’Europe pourrait imposer un mode hybride « forcé » pour pouvoir circuler dans certaines zones. En clair, pour traverser une agglomération, votre voiture serait obligée de circuler en version zéro émission. Ce déclenchement pourra se faire grâce à votre géolocalisation, sans que vous puissiez intervenir.

Enfin, outre la technologie embarquée, c’est la connectivité qui pourrait être évoquée dans cette nouvelle norme Euro 7. Une gestion automatique de l’énergie des batteries, sans intervention humaine, pourrait être imposée pour optimiser la consommation et les émissions de polluants sur un parcours programmé.