Exemple de ville durable

La crise climatique actuelle est globale, elle n’épargne personne. Dans ce contexte, et depuis quelques dizaines d’années déjà, nombreuses sont les villes ayant entreprise de faire évoluer leur politique urbaine en y intégrant la notion de développement durable. Pour certains, la ville durable existe bel et bien. Il est possible de trouver un exemple de ville durable à toutes les échelles. Pour d’autres, le constat se veut plus nuancé. Quand considérer, effectivement, qu’une ville peut être qualifiée de durable ? Quoi qu’il en soit, nous parcourons dans cet article plusieurs exemples de bonnes élèves en la matière. Suivez le guide !

Copenhague, capitale verte de l’Europe en 2014

Copenhague exemple de ville durable

La capitale danoise est un exemple de ville durable parmi les plus révélateurs en Europe. Très avancée en la matière, Copenhague se fixe des objectifs à la hauteur de son potentiel : atteindre un bilan carbone neutre, un parc automobile 100% non polluant et 75% de déplacements piétons, à vélo ou en transports en commun… d’ici à 2025. Utopie ou réalité ? Les signaux sont pour l’instant plutôt encourageants. Car là où cette ville se distingue, c’est par sa culture. Les volontés citoyenne et municipale ne sont plus à prouver et la mobilité verte semble déjà très bien ancrée dans les comportements. Plus de la moitié de la population emprunte d’ailleurs quelques-uns des 400 km de pistes cyclables quotidiennement.

La maîtrise de l’énergie reste au cœur des enjeux de la ville. Pour cela, elle s’engage sur tous les fronts : vaste projet de rénovation énergétique, développement de l’éolien offshore (lequel fournit déjà 3 à 4% de l’énergie de la ville) etc… Mais pour atteindre ses objectifs de développement durable, Copenhague doit gagner en intelligence, une intelligence connectée. Mobilier urbain innovant, capteurs de mesure des comportements citoyens, éclairage public modulable… Tout ceci associé à un système d’open data performant rapproche davantage cette ville durable de la smart city telle qu’on la définit actuellement.

En somme, les 1,2 millions d’habitants du grand Copenhague seraient sans doute d’accord avec nous en affirmant qu’il fait plutôt bon vivre dans la ville ! En tous les cas, Copenhague répond présente lorsqu’il s’agit de prendre ses responsabilités dans la crise climatique actuelle.

Växjö, en Suède : exemple de ville durable idéale

Vaxjo exemple de ville durable

Pour la ville de Växjö, la volonté de s’affranchir des énergies fossiles émerge dès les années 70 face au constat de la pollution de son environnement attenant. Une volonté porteuse de changement, puisque cette ville de 60 000 habitants semblerait avoir déjà atteint les objectifs fixés dans le cadre de la COP 21 ! Entre 1993 et 2016, Växjö a effectivement réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 58% et ne compte pas s’arrêter là.

Elle s’engage également sur de nombreux autres terrains en parallèle : construction de 50% de bâtiments publics en bois, aides financières à l’achat de véhicules non polluants, travaux de recherche sur les bio-carburants, chantiers de re-végétation, infrastructures innovantes telles qu’une centrale biomasse alimentant 90% des foyers en eau chaude et chauffage… En matière de rénovation énergétique, la ville applique aussi des standards 30% plus stricts que la moyenne nationale en la matière. Impressionnant.

Se saisir des problématiques environnementales permet également, pour cette commune d’envergure moyenne, de se redynamiser et de développer son attractivité. Quelles qu’en soient les raisons, la ville de Växjö se rapproche très certainement de ce que l’on attend d’une ville durable aujourd’hui.

Exemple de ville durable : la Suède sur le devant de la scène

La Suède héberge de nombreuses initiatives de villes durables. Outre Växjö, Göteborg compte parmi les bonnes élèves et a d’ailleurs été élue ville la plus durable de la planète en 2019 pour la 3ème fois consécutive. Il s’agit de la deuxième ville la plus importante du pays. A Göteborg, déjà un peu plus de 50% des besoins énergétiques des habitants sont couverts par les énergies renouvelables.
Si l’on s’intéresse à la Suède de manière plus globale, on remarque que la volonté nationale va de pair avec l’impulsion régionale. La Suède impose une taxe carbone parmi les plus élevées, qui avoisine les 145 € / tonne et a récemment lancé une loi climatique visant à contraindre très strictement les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et des transports dans un but de neutralité carbone en 2045.

San Francisco : le zéro déchet ne relève plus de l’utopie

San Francisco exemple de ville durable

Déjà une vingtaine d’années que la ville de San Francisco s’engage sur le terrain du 0 déchet… avec succès. Pour cela, la ville a misé sur la filière du recyclage, créatrice d’emploi. 80% des déchets de la ville sont effectivement recyclés, un chiffre qui contraste nettement avec la moyenne nationale avoisinant les 35%.

Des mesures financières permettant de limiter l’usage de déchets non recyclables ont également été prises. Aussi, les polluants tels que les gobelets en polystyrène sont interdits depuis les années 90 tout comme la vente de bouteilles en plastique, des mesures drastiques qui ont porté rapidement leurs fruits. Une redevance incitative a également été mise en place. Elle se traduit par une taxe plus ou moins élevée en fonction du taux de déchets non recyclables générés par le foyer.

Mobilité verte et villes durables

Bien qu’il existe des très bonnes élèves en matière de ville durable, le panorama mondial se veut plus contrasté. Nombreuses sont les communes ayant entamé leur transition énergétique sans pour autant pouvoir être considérées comme 100% durables. Il est toutefois intéressant d’observer l’effort fourni par ces villes et leurs résultats concrets, une phase après l’autre. En matière de mobilité verte notamment, nombreuses sont les initiatives impactantes. Celles-ci ne conditionnent pas le caractère durable de la ville mais sont sans conteste révélatrices d’une volonté forte des municipalités, d’entamer un virage vers cette durabilité.

Mobilité verte : la requalification urbaine de Pontevedra, Espagne

Parmi ces initiatives, on peut citer celle de la ville de Pontevedra en Espagne, où les émissions de CO2 ont baissé de 61% et le trafic routier de 90% ces vingt dernières années ! En place dans cette ville de 84 000 habitants, des mesures drastiques qui font pourtant l’unanimité : pas de voiture en centre-ville ni de transports en commun, de feux rouges ou de trottoirs en zone piétonne, de multiples plans piétons, de vastes parkings périphériques 100% gratuits… Le tout pour des déplacements piétons à 70% et une politique qui se rapproche désormais davantage du modèle de développement urbain pour les communes de toutes envergures.

La mobilité verte est l’un des piliers d’une ville durable : réduction de la pollution atmosphérique, des accidents et des nuisances sonores, meilleure qualité de vie… Pontevedra a prouvé qu’il était possible d’intégrer parfaitement cette dimension à une politique urbaine.

A travers tous les exemples cités, l’on remarque que le facteur temps est bien souvent l’élément différenciant. Les villes ayant entrepris leur transition énergétique avant les années 2000 s’imposent fréquemment comme des modèles en la matière. Celles-ci ont réussi à pallier les problématiques de budget et de sensibilisation citoyenne, constituant souvent un frein à la mise en place de nouvelles mesures, indispensables mais strictes.

Les villes de taille moyenne constituent également, dans la plupart des cas, des terrains d’expérimentation pour une transition écologique urbaine. Reste à espérer que la transition évoquée se généralise à travers le monde pour des villes de toutes envergures, la crise climatique actuelle étant bien plus alarmante que dans les années 70 ou 90…

Pour poursuivre votre lecture :