Ville idéale du futur

L’image que l’on se fait de la ville du futur dépend majoritairement des attentes qui nous sont propres, de nos valeurs, de notre situation personnelle et professionnelle ainsi que de notre ressenti général face à la situation actuelle de dégradation climatique sans précédent. Il n’existe pas ainsi une seule version de la ville idéale du futur, mais des millions, des milliards. Malgré tout, certaines ambitions sont globalement partagées, en matière d’habitat, de mobilité ou encore de qualité de vie. Dans cet article, nous parcourons celles qui nous semblent être des caractéristiques plausibles de la ville idéale du futur.

Sur quoi définit-on la ville idéale du futur ?

Les critères de la ville idéale du futur diffèrent en fonction de la sensibilité de chacun. Certains y verront d’abord une ville à taille humaine, propice à l’échange communautaire. Pour d’autres, la dimension écologique sera primordiale, prenant le pas sur les autres. Dans l’idéal, la ville du futur se voudra un mix parfait entre les dimensions écologique, sociale, éthique et économique, devant la vitrine responsable du concept de développement durable. Que de possibilités ! Mais adoptons une approche plus concrète.

VIlle idéale du futur

La ville idéale, telle que nous pouvons l’imaginer, serait :

  • A taille humaine – entre 30 000 et 60 000 habitants, l’équivalent d’une ville comme Cholet – ce qui permettrait d’envisager la création d’une unité communautaire propice au développement et à l’épanouissement personnel. Dans les villes, la dimension humaine est centrale. La ville se développe avec et pour le citoyen : la création d’un environnement social sain est primordiale. La ville idéale devra agencer ses espaces pour favoriser les échanges sociaux et favoriser la mixité sociale. La dimension de sécurité sera également à prendre en compte.
    Enfin, la ville idéale du futur devrait intégrer à sa politique urbaine la dimension de participation citoyenne, notamment dans les prises de décision stratégiques à l’échelle des quartiers et de la ville. Il s’agit d’imaginer une ville dont l’intelligence est collective et affirmée.
    Outre cette dimension sociale très marquée, il est probable que la ville du futur soit également écologique, au sens large. Pour ça, imaginons plusieurs leviers d’action, dont les applications concrètes sont déjà à constater dans nos villes actuelles.
  • Des espaces verts, parcs et points d’eau accessibles à pied par chacun, depuis le domicile et / ou le lieu de travail. La végétation urbaine est destinée à assainir l’air urbain mais également à contribuer à la réduction du stress, à l’esthétique de la ville et à la préservation de la biodiversité, en créant des corridors écologiques propices à la circulation des espèces. Il s’agit de réconcilier la nature avec l’urbain et d’apporter des oasis de fraîcheur en ville.
  • Des espaces de culture, un pied vers l’autosuffisance alimentaire. Et oui : la ville idéale du futur aurait la capacité de produire l’ensemble des ressources alimentaires qui lui sont nécessaires, de façon durable. Cela passe par l’utilisation à vocation de culture des espaces urbains et périurbains disponibles. Dès aujourd’hui, terrasses, toitures et même parkings commencent à être vus par les villes comme des zones à fort potentiel, pour sensibiliser les populations à la nature mais également pour développer une économie en circuit court. A terme, produire local et intramuros permettrait aussi de garder la main sur la qualité des produits mais également de proposer des coûts réduits tout en privilégiant une juste rémunération des éleveurs et agriculteurs : reconstituer une juste chaîne de consommation, en somme.
  • Des énergies renouvelables, pour tous les secteurs. Produire du renouvelable, mettre fin à l’utilisation des énergies fossiles et atteindre une neutralité carbone, c’est déjà le pari fait par une majorité des métropoles. Que celles-ci soient plus ou moins proches d’atteindre cet objectif, une chose est sûre : la ville idéale du futur serait neutre en carbone. L’énergie renouvelable sera la base des transports, individuels ou communs. En matière d’habitat, les bâtiments pourraient produire eux-mêmes l’énergie qui leur est nécessaire, pour une empreinte énergétique nulle et une facture qui l’est tout autant.
  • Des transports intelligents. Ce qui fait le fléau des grandes villes actuelles, c’est le trafic routier. La ville idéale du futur offrirait une facilité de déplacement, un trafic routier réduit et aucune difficulté de stationnement. Résultat ? Moins de pollution sonore, un impact environnemental neutre et une sérénité supplémentaire pour les habitants. Pour atteindre cet état de fait, la ville du futur devra sans aucun doute se doter d’une intelligence supplémentaire et proposer de multiples services connectés.
    Gestion durable de l’eau et des ressources, développement ou consolidation de l’identité culturelle de la ville, accès facilité au logement pour tous, emploi de main d’œuvre locale exclusivement… On peut également imaginer que la ville idéale du futur excelle en la matière.

Ainsi si l’on résume, la ville idéale du futur serait intelligente, durable, autosuffisante, résiliente – capable de palier à des situations de vulnérabilité en anticipant les risques en milieu urbain… Mais, puisque c’est bien le citoyen qui est au cœur de la ville, il s’agira également de provoquer une prise de conscience globale sur les enjeux sanitaire, économique et écologique.

La ville idéale du futur, une cité au ralenti ?

A l’heure actuelle, ce que certains experts et économistes pointent du doigt comme étant la cause de la situation climatique, c’est la consommation effrénée, la recherche du développement, à tous prix. Les espaces urbains ne cessent, effectivement, de se développer. Est-ce qu’il ne s’agirait pas de mettre pause pour casser cette dynamique d’extension croissante, pour se focaliser sur l’optimisation de l’existant et la recherche d’une meilleure qualité de vie ? Il s’agit d’une réflexion parmi tant d’autres, mais qui est loin d’être anodine pour autant.

A quoi ressemblera la ville du futur si l’on ne réagit pas ?

Si l’on ne change pas le modèle urbain actuel et notre façon de consommer, il y a fort à parier que la ville du futur n’existe pas. Au-delà des enjeux sociétaux et économiques, l’on constate une réelle urgence à faire évoluer les espaces urbains actuels en versions plus écologiques. Réduire la pollution, maîtriser l’impact environnemental des constructions, économiser les ressources en eau… tout cela devient progressivement prioritaire et il convient d’en prendre conscience.

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