Agriculture urbaine
Réintroduire l'agriculture en ville

Quelle place pour l’agriculture urbaine dans la smart city ?

Comme son nom l’indique, l’agriculture urbaine évoque une façon de produire ses denrées alimentaires au sein même de la ville. Mais comment faire, sans terrain ? L’étalement urbain se poursuit effectivement au détriment des espaces naturels et la tendance ne va pas en s’inversant… En France, on estime le taux d’artificialisation du sol à environ 1% supplémentaire du territoire tous les 7 ans. En 50 années, la baisse de la superficie agricole s’est élevée à 20 %. Cependant, parkings, toits, jardins communautaires foisonnent depuis quelques années et conditionnent petit à petit le paysage urbain. Produire local revêt quelques avantages séduisants mais représente aussi la réponse à des problématiques environnementales, économiques et même sociétales. Dans cet article, nous allons en apprendre plus l’agriculture au sein de la ville durable.

Agriculture urbaine et périurbaine : Mode passagère ou base solide pour nos futurs espaces urbains ?

Tout est dans le titre. Voilà maintenant quelques années que l’on observe une tendance au “vert”, impliquant une consommation éco-responsable à tous les niveaux. Alimentaire, textile, mobilier, transports… L’agriculture urbaine s’inscrit dans ce panorama en promouvant une consommation responsable en circuit court, une consommation plébiscitée et relayée à l’échelle territoriale. Si on peut débattre de la pérennité à long terme de la pratique, nul doute que celle-ci est d’ores et déjà bien ancrée dans les mœurs. Dans le monde, on estime à environ 800 millions le nombre de personnes utilisant l’agriculture urbaine, une agriculture qui servirait à l’heure actuelle à nourrir 15 % de la population mondiale.

Atteindre une résilience urbaine

Produire ses produits alimentaires en zone urbaine, c’est avant tout tendre vers une plus grande résilience. Pourquoi ? La ville résiliente est celle qui se prémunit contre les aléas environnementaux, économiques ou sociétaux, qui s’adapte à ces aléas et récupère rapidement des conséquences de ces derniers. La capacité, pour une ville, de produire une partie de ses denrées localement et donc de diversifier ses sources d’approvisionnement est sans conteste un atout majeur dans la gestion d’une crise quelle qu’elle soit.

A titre d’exemple, notons qu’à Paris, l’autonomie alimentaire estimée est de 3 jours seulement : 90 % des produits alimentaires sont importés alors que le territoire concentre 49 % des terres maraîchères d’Ile-de-France…

Cultiver la cohésion sociale

Agriculture urbaine et cohésion sociale

Outre cette résilience, l’implémentation d’une agriculture urbaine revêt aussi des enjeux plus palpables pour tout un chacun, comme celui de contrer l’effet de fracture sociale entre zones urbaines et périurbaines et au sein même de ces zones. Nul doute que la création d’un espace commun de culture à un immeuble ou à un quartier permet de générer et d’enrichir les échanges sociaux à l’origine d’un sentiment d’appartenance communautaire.

Agriculture urbaine et urbanisme transitoire : Deux notions liées ?

Liées oui, en un sens, puisque la traduction de ces deux concepts modifie en profondeur la silhouette urbaine telle que nous la connaissons. L’urbanisme transitoire, temporaire, consiste en l’appropriation de lieux éphémères à visée, par exemple, de développement d’une agriculture urbaine. Mais ce type d’urbanisme va bien au-delà et se définit surtout par sa volonté de culture de cohésion sociale.

Développer la biodiversité urbaine

L’agriculture urbaine est un axe majeur dans ce que l’on peut qualifier de politique de végétalisation active au sein de la ville intelligente. Les avantages de cette végétalisation sont nombreux :

Créer des emplois locaux

Appropriation sociale, impact écologique… Qu’en est-il de l’économie ? Dans le monde, environ ¼ des pratiquants d’agriculture urbaine y trouvent une dimension commerciale. Outre l’approvisionnement du bâtiment ou du quartier, l’agriculture urbaine sert de socle à une véritable consommation alternative en circuit court, sur l’ensemble du territoire. L’agriculture urbaine peut ainsi servir la création d’emplois locaux et contribuer au développement d’un savoir-faire technique. Effectivement, développer l’agriculture en milieu urbain suppose de contourner un certain nombre de difficultés structurelles et les techniques de mise en œuvre demandent parfois une expertise pointue. Nous aborderons les différentes typologies d’agriculture urbaine dans la partie suivante.

Agriculture urbaine, comment ça fonctionne ?

Typologies d’agriculture urbaine et rendement

Du fait des espaces urbains souvent restreints, l’agriculture urbaine se développe en hauteur : toitures, mais également balcons. Les jardins partagés en extérieur côtoient également les petites exploitations fermées, parfois imaginées dans des garages, l’idée étant d’utiliser à bon escient les surfaces inexploitées. Dépendamment de son emplacement, l’agriculture urbaine peut prendre plusieurs formes : agriculture en planches, en bac, hydroponie (ou aéroponie), aquaponie…

Bien entendu, la question du rendement de ces exploitations agricoles des temps modernes est à considérer, notamment pour faire de ce type d’agriculture un incontournable de la smart city et d’assurer sa viabilité à long terme.

agriculture dans la ville

Selon une étude de la FAO (Food and Agriculture Organization), une culture urbaine serait jusqu’à 15 plus productif qu’un terrain agricole puisque conçu pour une production optimisée dans l’espace qui lui est réservé. L’aéroponie par exemple, dernière innovation en matière d’hydroponie, est un mode de culture hors sol consistant à pulvériser une solution nutritive directement en racines des végétaux cultivés, ceci pour une absorption optimale de l’oxygène. Le rendement est en tous points optimisé ! Bien entendu, le rendement dépend de nombreux facteurs propres à chaque exploitation. Des études de marché et de faisabilité doivent être menées en amont afin d’évaluer le potentiel économique à l’échelle d’un bâtiment, d’un quartier.

Financer l’agriculture urbaine : qui s’y colle ?

Le financement de l’agriculture urbaine est l’affaire d’acteurs variables, dans le public ou dans le privé : métropole, financements privés ou encore la banque des territoires à travers son programme “smart city” notamment”. A l’échelle départementale, de nombreux laboratoires d’expérimentation voient le jour tels que le Nantes City Lab, une structure encadrant des projets innovants dans la métropole de l’Ouest.

La métropole, qui ambitionne 100 % de toitures utiles d’ici à 2030, a par exemple accompagné le projet Symbiose, une serre bioclimatique sur toiture d’immeuble qui, grâce à l’implémentation d’une pompe à chaleur inversée, permet de satisfaire 50 à 80 % des besoins en ECS des habitants du bâtiment : d’une pierre deux coups !