Lyon : smart city aux multiples visages

Elue 1ère smart city française en 2013 et 2014, Lyon se définit comme une métropole co-intelligente à la fois humaine, agile, créative et équilibrée. Forte d’un écosystème numérique particulièrement développé et de projets urbains parmi les plus prometteurs en France, la métropole ne perd pas de vue en 2021 son orientation profonde. Mais dans la pratique, où en est-on réellement ? Dressons une vue d’ensemble de Lyon, l’une des villes intelligentes les plus ambitieuses de France, un exemple de smart city.

smart city lyonnaise

La smart city : à Lyon, des politiques publiques fortes et un engagement marqué

Construire et habiter la smart city, telle est l’ambition des métropoles françaises. Pourtant, l’appropriation de ce concept peut fortement différer d’une ville à l’autre en fonction des politiques urbaines déployées, des problématiques économiques, sociétales et environnementales rencontrées sur le territoire. Ainsi, même si les grands enjeux de la ville intelligente se recoupent, un modèle de smart city unique n’existe pas. Qu’en est-il à Lyon ?

A l’occasion de la journée “Smart cities : les prix de l’innovation”, du 17 mai 2018, l’ancien président de la métropole de Lyon David Kimelfeld déclarait qu’il ne s’agissait pas de “faire de la smart city pour la smart city” mais plutôt de rendre la métropole plus facile à vivre, pour tous. La smart city représenterait non pas une finalité en soi mais plutôt une réponse adaptée aux enjeux environnementaux (qualité de l’air…), sociétaux (lutte contre isolement des plus âgés, contre les inégalités) ou encore économiques (précarité énergétique…) rencontrés par la métropole.

Depuis juin 2020, c’est à Bruno Bernard, nouveau président écologiste de la métropole, de prendre le pas sur la question de la smart city, avec une volonté forte : “convaincre les habitants, les acteurs sociaux et économiques de la nécessité de la transition écologique”. La mobilité serait au cœur du mandat de Bruno Bernard, qui préside désormais aussi le Sytral (Syndicat Mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise).

A l’heure actuelle, la métropole lyonnaise se focalise sur 4 axes majeurs qui selon elle sont propres à l’essence de la ville intelligente : les nouvelles mobilités, le numérique, les smart grids et l’innovation au sens large. Le but est de déployer des modèles plus efficaces et plus durables de développement urbain, d’améliorer de ce fait le cadre de vie des citoyens lyonnais et de créer de l’emploi, comme évoqué ci-dessus.

A Lyon, la smart city c’est avant tout une mobilité plus verte

En matière de mobilité, l’ambition lyonnaise est actée. Les objectifs généraux sont de fluidifier les déplacements en favorisant notamment l’intermodalité, de diminuer de ce fait la pollution de l’air et les nuisances. Plus concrètement, il s’agira par exemple d’atteindre 35% de déplacements à pied d’ici à 2030 ou encore 1200 km de pistes cyclables (contre 540 en 2015). Les objectifs cités sont d’autant plus ambitieux que l’aire d’influence de la métropole lyonnaise ne cesse de s’élargir… Alors, quelles actions concrètes sont envisagées par la smart city lyonnaise ?

  • Développer les parcs relais, l’offre en transports en commun plus verts et les pistes cyclables. Cela implique d’améliorer la signalétique urbaine, de développer les aménagements piétons, de renforcer l’offre de vélos en libre-service…
  • Elargir le plan des zones à circulation apaisée (zone 30, piétonne, voie verte…). Le potentiel identifié sur la métropole est d’environ 1 100 km à date.
  • Mettre en place une tarification combinée sur le réseau de transports. Si ces offres sont déjà en partie implémentées, un renouvellement de la billettique du réseau Sytral est prévu pour 2022, selon le calendrier prévu dans le Plan de Déplacement Urbain 2017-2030.
  • Un meilleur partage de l’information multimodale, pour accompagner les usages. La plateforme Onlymoov génère par exemple des itinéraires multimodaux basés sur de l’info trafic en temps réel.
  • Le déploiement de solutions innovantes pour le citoyen lyonnais telles que des applications de stationnement collaboratif ou encore des services de covoiturage.

A Lyon, le réseau de transports publics mixtes Sytral est d’ores et déjà l’un des acteurs les plus engagés en matière de transition énergétique et de lutte contre la pollution, avec plus de 75% des déplacements en transports en commun électriques et un taux de pollution atmosphérique de 3% seulement. D’ici 2030, la mobilité durable à Lyon devra être prise en compte dans les aménagements publics à hauteur de 10% minimum (comme spécifié dans le PDU 2017-2030). Un ratio qui paraît certes quelque peu arbitraire mais qui en tout cas est révélateur de l’ambition métropolitaine, Lyon était d’ailleurs considérée comme le premier territoire européen en matière de nouvelles mobilités.

Lyon smart city : le numérique et l’open-data au cœur du mouvement

La métropole lyonnaise, c’est aussi une quarantaine de projets d’envergure avec en leur centre le numérique -véritable levier de transformation des modèles urbains – et plus de 50 000 emplois dans le secteur. Le numérique permet d’amorcer une transformation progressive mais en profondeur, qui place l’usager au cœur du changement, raison pour laquelle Lyon se veut un territoire avant tout humain et co-intelligent.

A Lyon, la plateforme data.grandlyon.com concentre les jeux de données publiques des acteurs de la ville, à disposition de tous. Ces données analysées permettent d’affiner la compréhension de chacun et servent à la métropole pour dresser des usages prédictifs et améliorer la qualité et la diversité des services urbains.

Quelques chiffres à présent :

  • 830 jeux de données ouvertes pour le Grand Lyon,
  • Plus de 340 millions d’euros investis pour le financement d’une centaine de projets d’expérimentation dans le public / privé à l’heure actuelle. L’investissement dans l’innovation se mesure également à travers la diversité de start-ups ou encore de centres de recherche dédiés tels que Tuba, lieu d’échanges autour de l’innovation. Le lab permet à tous de tester grandeur nature des innovations d’application numérique.

Très concrètement à Lyon, le numérique s’immisce à toutes les échelles, à travers :

  • Les smart grids (réseaux énergétiques intelligents) permettant de comprendre les usages de consommation urbaine, de réguler la consommation, de faciliter la maintenance et d’assurer un service efficace en tout temps. Lyon serait le premier territoire français en la matière.
  • Les aménagements et le mobilier urbain connecté, qui interviennent dans l’amélioration de la qualité de vie au niveau des nuisances sonores, du trafic routier, de la gestion des déchets urbains, de l’éclairage public…
  • Les bâtiments connectés, moins énergivores, plus responsables.

Au-delà des bâtiments “intelligents”, ce sont de véritables écoquartiers qui sortent depuis plusieurs années de terre à Lyon. La ville intelligente doit être créée mais surtout apprivoisée par tous ses citoyens. Quoi de plus parlant qu’un quartier vert, énergétiquement innovant et favorisateur de lien social ? Ci-dessous, quelques exemples parlants d’écoquartiers à la lyonnaise.

  • La Confluence – premier “quartier durable WWF”,
  • Le carré de Soie,
  • Le quartier Part-Dieu, accueillant notamment TUBÀ, lieu d’innovation et de création de services évoqué ci-dessus.

D’autres projets sont évocateurs pour la smart city qu’est Lyon : l’éco-rénovation de la Cité Perrache (jusqu’à 12% d’énergie économisée en hiver) ou encore les bâtiments Hikari (avec 87% des besoins énergétiques de chauffage autoproduits).

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