Exemple de smart city : Marseille

La ville de Marseille fait sans conteste partie des exemples de smart city à suivre de près sur les prochaines années. Constamment en mouvement, le territoire compte parmi les 64% de smart cities françaises à avoir ouvert avec brio la voie de l’open data. Mais ce n’est pas tout. La ville de Marseille a su développer à travers des aménagements urbains innovants une politique accentuant l’attractivité de son territoire, ainsi qu’un plan d’actions ambitieux pour le développement durable de son espace nécessaire à l’amélioration de la qualité de vie de ses habitants. Faisons un tour d’horizon de la smart city Marseille.

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Smart city : de Marseille à la région, il faut favoriser l’innovation

D’ores et déjà, Aix-Marseille-Provence est labellisée Métropole French tech. Mais, si cela est une base appréciable, cela ne suffira pas à la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur pour devenir la “première smart région d’Europe”. C’est du moins l’ambition de Renaud Muselier, président depuis 2017.

Elargir le rayonnement “smart” de Marseille mais également de la région, cela implique un investissement majeur mais surtout une stratégie commune régie par des axes clairs et un engagement commun. Pour revendiquer un écosystème numérique digne des smart cities les plus renommées, il faut favoriser l’innovation. En cela, le territoire a déjà mis en place un certain nombre d’actions telles qu’une plateforme régionale de datas ouvertes au service de l’innovation numérique du territoire, qui comporte à l’heure actuelle plus de 1680 jeux de données consultables et exploitables.

Le territoire est également leader en expérimentation de services innovants via ses Sud labs notamment. Il s’agit d’accompagner les acteurs territoriaux à se saisir des potentialités offertes par le numérique, un secteur qui compte à présent plus de 69 000 emplois en région Sud.

Mener de front la transition écologique : un vaste chantier pour la smart city

S’il n’existe plus vraiment de doutes quant aux avantages d’une transition écologique et énergétique, savoir comment la mener est une autre affaire. A Marseille, l’heure est à la concertation, la municipalité ayant bien compris qu’une transition en profondeur ne peut être envisagée sans un investissement maximum de sa communauté. La participation citoyenne à Marseille prend de multiples formes comme les enquêtes publiques et les échanges via le site marseillechange.fr ou plus récemment l’implémentation des Lundis de la transition. Ces conférences mensuelles complètent les Ateliers de la Transition et ont pour vocation d’amorcer le dialogue autour de la smart city et de ses enjeux. Au-delà de ça, la transition énergétique implique de mettre en œuvre des actions concrètes dans le secteur de l’énergie et des transports, notamment.

Energie & nouvelles mobilités à Marseille

Une chose est sûre, Marseille est une ville toujours en mouvement. Parmi les dernières avancées du territoire en matière de mobilités, on commencera par citer son nouveau métro automatique, dont la mise en service est prévue pour 2023. 38 rames, 430 millions d’euros, 25% de consommation énergétique en moins : de beaux chiffres. Marseille, qui est classée 2ème smart city française en matière de transports publics durables, compte aussi plus de 30 autobus à émissions neutres sur le réseau et vise un déploiement sur l’intégralité du réseau d’ici à 2035.

Du côté de l’énergie au sens large, Marseille peut se vanter d’avoir recours à 100% d’électricité verte pour ses contrats publics. Le territoire a également pour objectif principal de tendre vers une production locale et renouvelable à partir de 2022 grâce à la souscription de contrats moins gros, mais ouvrant la porte à des producteurs locaux. Produire local, qu’il s’agisse d’énergie ou encore de denrées alimentaires est l’assurance d’une plus grande résilience urbaine. La ville s’affranchit d’autant plus des énergies fossiles.

Notons pour finir que Marseille a inauguré en2020 le premier site à énergie positive de la métropole, qui recueille la chaleur des déchets stockés pour produire de l’électricité verte pour un équivalent des besoins énergétiques d’environ 17 000 habitants.

Réinventer les espaces urbains pour bâtir le Marseille de demain

A Marseille, l’un des points d’orgues de la politique de la ville reste la diminution de la fracture sociale. Pour cela, la smart city entend créer non pas un centre-ville mais plusieurs centres urbains et devenir ainsi “la ville des quarts d’heure” (comprenez, avec tout à disposition, pour tous, dans un rayon de 15 minutes à pied). Cela implique bien entendu de remodeler les ensembles urbains actuels.

Requalification du centre-ville, les piétons à l’honneur

Rendre les villes au citoyen, voici l’un des axes majeurs de la stratégie pour une ville intelligente, notamment parce que cela permet de diminuer la pollution atmosphérique, de rafraîchir les îlots urbains, de limiter les nuisances sonores et de favoriser le mieux-vivre et le dynamisme économique : tout ça en limitant le recours aux véhicules polluants.

Et comme dans toute smart city, Marseille ambitionne avant tout de réinventer son cœur urbain. Quartier du Vieux Port, une requalification est actuellement en cours, pour un investissement de 60 millions d’euros. Ainsi, il est prévu de transformer les zones urbaines en zones piétonnes ou “de rencontre”, de réduire la vitesse maximale autorisée mais également de végétaliser selon un plan biodiversité bien précis. Enfin, l’utilisation de matériaux plus responsables en matière de pavements est prévue. Le projet verra aussi l’implémentation de mobilier urbain connecté et d’une modification structurelle en matière de lignes de transports en commun, ceci pour répondre aux nouveaux usages urbains.

Végétalisation de la ville : l’agriculture urbaine prend son envol

Les avantages liés à la pratique de l’agriculture urbaine ne sont plus à démontrer. Cependant, le développement de ce mode de culture pose un certain nombre de problématiques, notamment structurelles. En cause tout simplement, le manque d’espace et de foncier en ville.

La smart city marseillaise a d’ores et déjà pris le pari de pallier ces obstacles en énonçant sa volonté de “sanctuariser” les terres. Le plan d’action ? Transformer les zones à urbaniser en zones agricoles dès lors que celles-ci possèdent un potentiel de culture lié au terrain. Il s’agira de demander progressivement des modifications du PLUi. Une enquête publique aura lieu à l’automne à ce sujet, suivie d’une concertation municipale et territoriale prévue pour le début de l’année 2022.

Vous l’aurez compris : Marseille mène constamment de nouveaux chantiers multisectoriels pour développer sa qualité de vie et sa durabilité. Même si le chemin vers la smart city est encore long, cette volonté et ce dynamisme sont déjà gages d’intelligence pour le territoire marseillais, qui envisage bien de poursuivre ses efforts.

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