Artificialisation urbaine : l’Île-de-France peut-elle inverser la tendance ?

L'Equipe de rédaction

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Artificialisation des sols : l'Île-de-France peut-elle inverser la tendance ?

Alors que la région Ile-de-France est l’une des plus artificialisées de France, ce qui entraine des impacts négatifs à la fois sur la biodiversité et sur les habitants, des solutions sont à la disposition des preneurs de décision afin d’inverser la tendance. Faisons un tour d’horizon de l’artificialisation des sols en Île-de-France et des projets envisagés afin d’y remédier, notamment dans la smart city de Paris. 

Artificialisation des sols en Île-de-France : état des lieux 

L’artificialisation des sols désigne le processus de transformation des espaces naturels, agricoles ou forestiers en espaces urbanisés ou artificialisés. Ce phénomène a des conséquences importantes sur l’environnement, la biodiversité, le climat et la qualité de vie des habitants.  

En Ile-de-France, région la plus peuplée et la plus dense de France, l’artificialisation des sols est particulièrement préoccupante. Selon une étude récente [1], en trente ans, l’Île-de-France a perdu 51 000 hectares de surfaces non artificialisées. Ce sont principalement les zones périurbaines qui sont touchées par ce phénomène, avec une forte pression foncière liée à la demande de logements, d’infrastructures et d’activités économiques. L’étude montre que l’artificialisation des sols en Ile-de-France se fait surtout au détriment des terres agricoles, qui représentent 77 % des surfaces perdues. Les espaces naturels et forestiers sont également menacés, avec respectivement 12 % et 11 % des surfaces perdues.  

L’artificialisation des sols entraîne une réduction des espaces verts et des services écosystémiques qu’ils rendent, tels que la régulation du cycle de l’eau, la protection contre les inondations, la séquestration du carbone, la production de nourriture ou encore le maintien de la biodiversité. Elle contribue également à l’augmentation des îlots de chaleur urbains, qui accentuent les effets du changement climatique sur la santé et le confort des habitants. 

Selon une autre étude [2], cette fois de Santé Publique France et datant de 2020, désartificialiser les sols pourrait réduire le taux de mortalité. En effet, après avoir suivi pendant vingt-cinq ans les chiffres de 1 300 communes d’Ile-de-France, il en résulte « une réduction importante du risque de décès liés aux très fortes chaleurs dans les communes moins “artificialisées”, moins imperméabilisées et plus arborées, en particulier à Paris et dans la petite couronne ».  

Comment l’Île-de-France entend inverser la tendance de l’artificialisation des sols ?  

L’objectif Zéro Artificialisation Nette, adopté en 2018 en France, entend réduire de moitié la part de terrains artificialisés sur le territoire. En Île-de-France, et après consultation avec l’ensemble des habitants de la ville dans le cadre du Plan Climat, il apparait un objectif flagrant : désartificialiser la ville pour lutter contre la chaleur. Ainsi, des actions concrètes sont envisagées :  

  • Augmenter le nombre d’ilots de fraicheur ; 
  • Reconnaître le caractère critique de la ressource en eau et l’impératif de sa préservation au travers d’une consommation plus responsable ; 
  • Accélérer la rénovation énergétique des immeubles parisiens ;  
  • Développer la production d’énergie renouvelable locale tout en réduisant la consommation d’électricité. 

Rénover plutôt que reconstruire, et tendre vers une sobriété énergétique, voilà qui permettra donc de rendre la ville plus agréable à vivre. Améliorer la qualité de vie des habitants au cœur de la ville est une solution indispensable afin de limiter la fuite des habitants vers des lieux parfois plus engageants (comme nous l’avons constaté pendant la pandémie et les nombreux confinements).  

La ville de Paris a d’ailleurs entamé un travail de requalification de son PLU en PLU bioclimatique, le premier en France, afin d’y intégrer les principes de développement durable et de lutte contre le dérèglement climatique dans l’urbanisme de la capitale. Plus d’espaces verts, moins de pollution, et plus de végétation, voilà ce qui est au programme de la mairie pour les années à venir.  

La région est également celle qui dispose de l’un des plus grands nombres de friches industrielles, témoignages d’un passé usinier important. Selon des chiffres de l’Institut Paris Région, on recense près de 2400 friches en Ile-de-France, qui totalisent une surface de 4 200 hectares (soit l’équivalent de la moitié de la surface globale de la ville de Paris). La région a adopté en 2019 un plan de grande envergure intitulé “Reconquérir les Friches franciliennes”, et lancé dans la foulée un appel à manifestation d’intérêt afin d’aider les collectivités à les reconquérir pour en faire des espaces naturels ou des lieux culturels. Toujours selon l’Institut Paris Région, ce sont près de 600 hectares de friches qui ont été requalifiés depuis le lancement de l’opération. Un très bon début, surtout quand on sait que la région accueille chaque année près de 50 000 nouveaux habitants. Pour atteindre ses objectifs, notamment dans le cadre du projet Zéro Artificialisation Nette, elle entend d’ailleurs accélérer sa reconquête des friches dans les prochaines années.  

Références :

  • [1] https://www.cairn.info/revue-responsabilite-et-environnement-2018-3-page-56.htm
  • [2] https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/climat/fortes-chaleurs-canicule/documents/article/desartificialiser-les-communes-pourrait-reduire-la-mortalite-liee-aux-fortes-chaleurs
L'Equipe de rédaction
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